« Je ne suis pas un texte à décrypter, mais un travail à entreprendre » : La Consolation de Philosophie de Boèce face à la tradition de la Satire Ménippée

Por • 1 ene, 2018 • Sección: Filosofía

Tomas Vazquez Rojas

Nous réaliserons, dans ce texte, un travail herméneutique sur La Consolation de Philosophie de Boèce (Boèce 2008), un texte si riche et captivant qu’il marquera la littérature et la philosophie de manière considérable et prendra une place de tout premier ordre dans notre histoire. Notre point de départ—en plus de l’oeuvre elle-même—sera l’interprétation proposée par John Marenbon. Ce dernier soutient que la clé de l’interprétation de la Consolation est son adhérence à la tradition de la Satire Ménippée. Ainsi, l’oeuvre devrait être interprétée comme ayant pour fonction d’explorer les limites de la philosophie : Boèce produit la meilleure consolation que la philosophie peut offrir, mais, conscient des limites de cette pratique, il cherche à faire en sorte que ses lecteurs le soient aussi. Nous tenterons de montrer l’intérêt et les limites de l’approche proposée par Marenbon : le risque de faire de la structure formelle de l’oeuvre la clé de l’interprétation et la part de vérité que Marenbon parvient à démontrer. Nous verrons que la Consolation serait mieux analysée si sa structure formelle était vue comme un moyen permettant à Boèce d’atteindre un certain nombre d’objectifs littéraires, philosophiques et spirituels. Ce que cette œuvre tente de réaliser essentiellement est une tentative d’unification de la philosophie et de la poésie en une relation symbiotique. Une philosophie poétique émerge ainsi, faisant appel à la poésie pour montrer ce qui nous attend à la frontière du raisonnement philosophique et permettant à Boèce, non pas d’offrir une réelle solution, mais de présenter du moins un modèle à travers lequel nous pouvons penser la relation entre la prescience divine et le libre arbitre, malgré les lacunes de nos facultés épistémiques.

https://gnosisjournalofphilosophy.wordpress.com/current-issue/

vol. 16, pp. 56-65

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